La France s’engage dans l’expérimentation de la recharge dynamique sur l’autoroute

En bref:

  • La France va tester la recharge dynamique sur un tronçon de l’autoroute A10 pour améliorer l’autonomie des véhicules électriques.
  • Le test se basera sur une technologie sans contact avec des zones équipées permettant aux véhicules de recharger leurs batteries en roulant.
  • Si le test est concluant, Vinci envisage de déployer le système sur 5000 kilomètres d’autoroute d’ici 2030.

Un pas vers l’avenir de la mobilité électrique

Dans l’optique d’améliorer l’autonomie des véhicules électriques et d’encourager leur adoption, la France s’apprête à tester la recharge en roulant sur un tronçon de l’autoroute A10. Une initiative qui pourrait marquer un tournant dans la transition énergétique du pays.

Le projet pilote sur l’A10

Vinci Autoroutes, en collaboration avec Electreon, a remporté un appel d’offres pour effectuer un test de recharge dynamique sur un segment de 2 kilomètres de l’A10, situé après le péage de Saint-Arnoult, en direction de la province. Initiallement destinée aux poids lourds, cette technologie novatrice pourrait éventuellement bénéficier aux véhicules légers.

À la différence des tests similaires menés en Allemagne, où des câbles électriques similaires à ceux d’un tramway ont été utilisés, le test français se base sur une technologie sans contact. En roulant au-dessus des zones équipées, les véhicules, munis d’un chargeur à induction, pourront recharger leurs batteries, une innovation qui pourrait considérablement optimiser l’autonomie des véhicules électriques.

Un projet prometteur pour l’avenir

Si l’expérience se révèle concluante, Vinci envisage de déployer le système sur une étendue de 5000 kilomètres d’autoroute d’ici 2030, et sur 9000 kilomètres d’ici 2035. Cette technologie est actuellement en phase de test dans plusieurs pays, dont l’Israël, la Suède, la Norvège, l’Italie, l’Allemagne et les États-Unis.

Une technologie à l’épreuve

Parallèlement, un autre mode de recharge dynamique est en cours de test. Il s’agit d’un rail inséré au ras du bitume qui permet aux véhicules équipés de se connecter directement au sol. Cette technologie, tout comme celle de l’induction, a pour objectif de prolonger l’autonomie des véhicules électriques, de réduire le temps de recharge et de minimiser le poids des batteries, souvent gourmandes en métaux rares.

Des tests préliminaires en septembre 2023

Avant le déploiement à grande échelle de ces technologies, des tests préliminaires seront effectués en septembre 2023 à Rouen sur une piste fermée du Cerema, un établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique.

Des défis à relever

Malgré tout, l’intégration de ces technologies n’est pas sans défis. Selon les rapports du ministère, l’induction n’est pas assez puissante et reste coûteuse à installer, tandis que le rail peut s’encrasser et poser des problèmes aux deux-roues.

Un avenir prometteur pour la mobilité électrique

Si ces obstacles peuvent être surmontés, ces technologies pourraient non seulement améliorer l’autonomie des véhicules électriques, mais également faciliter la transition vers une mobilité plus durable. En effet, selon une étude de l’Université de Göteborg en Suède, ces « routes électriques » permettraient de réduire de 62 à 71% l’autonomie nécessaire pour un usage normal des voitures, et donc la taille de leurs batteries.

L’expérience sur l’A10, qui s’étalera sur trois ans, bénéficiera du soutien du plan public France 2030 via la Banque publique d’investissement (BPI), pour un budget de 26 millions d’euros. Au-delà de l’expérimentation, ce projet illustre la volonté de la France de prendre des mesures audacieuses pour favoriser la transition vers une mobilité plus durable.

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