Le rêve de la voiture électrique solaire s’évanouit en Europe

En bref:

  • Les entreprises Lightyear et Sono Motors abandonnent leurs projets de voitures électriques solaires en raison du manque de financements.
  • Les coûts élevés de conception, développement et commercialisation rendent difficile la création d’une nouvelle marque de voiture électrique.
  • Malgré leurs échecs, ces entreprises pourraient continuer à exister en tant que fournisseurs de technologie solaire pour d’autres constructeurs automobiles.

L’ambition de produire une voiture électrique solaire en Europe semble s’effilocher. Lightyear, l’entreprise néerlandaise qui avait promis de révolutionner l’industrie automobile avec sa voiture solaire, a annoncé l’abandon de son projet. Cette décision intervient après la liquidation de l’activité de l’entreprise au début de l’année et suit de près celle de Sono Motors, une autre entreprise qui avait également misé sur le développement d’une voiture électrique solaire.

Lightyear et Sono Motors : la fin d’un rêve

Le parcours de ces deux entreprises prouve une fois de plus combien il est difficile de créer une nouvelle marque de voiture électrique. Les coûts engendrés par la conception, le développement et la commercialisation d’un véhicule sont bien plus élevés que ce que ces start-ups, en quête permanente de financements, avaient initialement prévu.

Le premier à jeter l’éponge fut Sono Motors, en février 2023, en raison de l’absence de financements suffisants. Lightyear vient de faire de même, abandonnant ainsi le projet de sa voiture solaire Lightyear 2. L’entreprise se concentrera désormais uniquement sur la création de toits solaires pour d’autres véhicules, une stratégie que son PDG, Lex Hoefsloot, a confirmée récemment.

Un échec prévisible pour Lightyear

Tout comme Sono Motors, Lightyear avait réussi à créer un premier prototype pour présenter sa technologie. Le modèle Lightyear 0, avait même suscité l’intérêt de certains lors de sa présentation, grâce à son design futuriste et ses promesses d’autonomie. Cependant, les défis de développement et les coûts associés ont rapidement mis fin à l’enthousiasme initial. Vendue à près de 250 000 €, la Lightyear 0 n’a pas su convaincre les clients potentiels, compte tenu de ses performances réelles.

Malgré un certain succès lors de sa levée de fonds, Lightyear a rapidement dû mettre fin à la production de la Lightyear 0 et a finalement été mis en liquidation. L’entreprise a cependant tenté un dernier pari en se recentrant sur un second produit : un véhicule solaire plus grand public à moins de 40 000 €. Le concept était séduisant sur le papier, avec la promesse d’une autonomie de 800 km entre deux charges.

La Lightyear 2, un espoir déçu

Malgré plus de 40 000 réservations enregistrées, la Lightyear 2, qui devait être le modèle destiné au grand public, ne verra jamais le jour. Sans les fonds nécessaires pour poursuivre le développement de ce nouveau modèle, ni les perspectives de marges suffisantes pour survivre, l’entreprise a dû faire face à un second échec. Les investisseurs n’ont pas suivi cette nouvelle stratégie et Lightyear se retrouve de nouveau sans l’argent nécessaire pour poursuivre.

Une renaissance en tant que fournisseur pour d’autres marques ?

Malgré l’abandon de leurs projets respectifs, Lightyear et Sono Motors pourraient continuer à exister en tant que fournisseurs de technologie solaire pour d’autres constructeurs automobiles. Selon Lightyear, la « Lightyear Layer », une technologie de toit solaire, pourrait être proposée à d’autres marques. Si cette stratégie s’avère viable, elle pourrait permettre à l’entreprise de survivre.

De son côté, Sono Motors avait déjà commencé à travailler sur ce sujet en parallèle du développement de sa voiture solaire, la Sion. Cependant, Lightyear ne semble pas avoir une activité aussi sécurisée dans ce domaine et ne dispose que d’un an de trésorerie pour fonctionner avec un effectif réduit.

En somme, l’avenir de la voiture électrique solaire en Europe semble incertain. Il est clair que le développement d’un tel véhicule nécessite des ressources financières considérables, que ces jeunes entreprises n’ont pas pu réunir. Toutefois, l’histoire de ces entreprises met également en lumière l’ingéniosité et la résilience de ces pionniers de la mobilité durable, qui continuent à chercher des moyens de contribuer à une transition énergétique plus verte.

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