Nissan Ariya Nismo : la sportive électrique qui peine à justifier ses ambitions

En bref:

  • Le Nissan Ariya Nismo, fort de 435 chevaux, propose des performances respectables mais peine à rivaliser avec ses concurrents plus puissants.
  • Son autonomie de 460 km et sa capacité de charge de 130 kW apparaissent dépassées par rapport aux offres récentes du marché.
  • Positionné à 59 300 euros, l’Ariya Nismo affronte une concurrence féroce, notamment la Tesla Model Y Performance, tout en questionnant la cohérence de son identité sportive.

Dans un marché des SUV électriques en pleine effervescence, Nissan dégaine sa première véritable sportive zéro émission avec une version Nismo de son Ariya. Un positionnement ambitieux qui soulève autant d’attentes que d’interrogations quant à sa pertinence face à une concurrence déjà bien établie.

Une sportivité qui mise sur la sobriété

L’Ariya Nismo marque un tournant dans l’histoire de la division sportive de Nissan, qui fête cette année ses 40 ans. Si les précédentes tentatives d’électrification de Nismo se limitaient à des exercices de style sur la Leaf, cette nouvelle création se veut nettement plus aboutie sur le plan des performances.

Le travail des ingénieurs s’est concentré sur une évolution mesurée mais cohérente de l’Ariya de série. La puissance grimpe ainsi à 435 chevaux grâce à deux moteurs électriques optimisés, soit un gain de 129 chevaux par rapport à la version haut de gamme standard. Un choix qui peut sembler modeste face aux 500 chevaux et plus proposés par certains concurrents premium.

Cette retenue se traduit néanmoins par des performances très honorables avec un 0 à 100 km/h abattu en 5 secondes et surtout un exercice du 80 à 120 km/h expédié en seulement 2,4 secondes. Des chiffres qui placent l’Ariya Nismo dans la moyenne haute du segment, sans pour autant rivaliser avec les références comme la Tesla Model Y Performance et ses 3,7 secondes pour le 0 à 100 km/h.

Un châssis affûté mais accessible

La transformation Nismo ne se limite pas à la seule augmentation de puissance. Le châssis bénéficie d’une refonte complète avec des amortisseurs spécifiques et des barres antiroulis renforcées. Un développement qui vise à concilier dynamisme et polyvalence quotidienne plutôt qu’une approche radicale.

L’adoption de pneumatiques Michelin sur mesure et un travail poussé sur l’aérodynamique, avec notamment un becquet arrière redessiné, participent à améliorer la stabilité à haute vitesse. Un point crucial pour un SUV dont la masse reste contenue sous les deux tonnes, ce qui constitue un avantage face à des concurrents souvent plus lourds.

Une autonomie qui interroge

Si les performances sont au rendez-vous, la question de l'autonomie reste le point sensible de cette version sportive. Équipée de la batterie de 87 kWh, l’Ariya Nismo annonce une autonomie théorique de 460 kilomètres. Un chiffre qui risque de fondre significativement en conditions réelles d’utilisation sportive.

La capacité de charge limitée à 130 kW en courant continu n’arrange pas la situation, avec des temps de recharge de 40 minutes pour passer de 10 à 80%. Des valeurs qui paraissent datées face aux dernières évolutions du marché, où certains concurrents proposent des puissances de charge supérieures à 200 kW.

Un positionnement tarifaire délicat

Proposée à partir de 59 300 euros sur le marché français, l’Ariya Nismo se positionne dans une zone de prix particulièrement concurrentielle. Elle doit ainsi faire face à la Tesla Model Y Performance, disponible à partir de 57 990 euros et offrant des performances supérieures ainsi qu’un réseau de recharge dédié.

Plus haut dans la gamme, la BMW iX M60 et ses 565 chevaux ou encore l’Audi e-tron S jouent une partition différente avec des tarifs nettement plus élevés mais des prestations globales plus abouties. Un entre-deux complexe pour l’Ariya Nismo qui peine à justifier son premium par rapport à la version standard.

Une identité sportive en question

L’association entre SUV électrique familial et badge sportif Nismo soulève la question de la cohérence de cette déclinaison. Si les modifications techniques sont réelles, elles semblent insuffisantes pour créer une véritable alternative sportive capable de séduire les amateurs de conduite dynamique.

Le traitement esthétique reste lui aussi mesuré, avec des touches de rouge caractéristiques et quelques appendices aérodynamiques qui ne bouleversent pas la silhouette générale de l’Ariya. Une approche qui pourrait décevoir les aficionados de la marque Nismo, habitués à des transformations plus radicales sur les modèles thermiques.

L’arrivée de l’Ariya Nismo illustre la difficulté pour les constructeurs traditionnels à conjuguer électrification et sportivité dans le segment des SUV familiaux. Une équation complexe que Nissan tente de résoudre avec une approche mesurée, peut-être trop pour véritablement convaincre face à une concurrence qui n’hésite pas à surenchérir en termes de performances et de positionnement.

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