Vers une transition écologique dans l’automobile : les Français prêts à changer leurs habitudes ?

Les Français et la transition écologique

Selon une étude réalisée par Yougov et commandée par la startup Hiflow, une majorité d’automobilistes français se disent prêts à modifier l’usage de leur véhicule pour favoriser une transition écologique. En effet, 48 % d’entre eux accepteraient de réduire leur vitesse et 36 % privilégieraient les mobilités alternatives. Les résultats sont encore plus marqués chez les jeunes, avec 56 % des 18-24 ans prêts à adopter ces changements. Toutefois, le prix reste le critère de choix numéro un pour près de 80 % des usagers lors de l’achat d’un véhicule.

L’électrique : un choix encore marginal

Malgré une volonté de changement, l’électrique reste une option encore peu plébiscitée par les automobilistes français. Seuls 22 % d’entre eux considèrent l’électrique comme une priorité et 15 % souhaiteraient une motorisation électrique. Ce chiffre est en adéquation avec les tendances actuelles des ventes en France. Face à cette situation, les Français optent pour des alternatives comme l’achat de véhicules d’occasion ou le leasing.

La proximité des points de vente : un critère en déclin

L’étude révèle également que la proximité avec le point de vente est de moins en moins importante pour les automobilistes, avec seulement 9 % d’entre eux qui la considèrent comme un critère essentiel. Cette tendance s’explique en partie par le développement des achats en ligne de véhicules, ainsi que par l’entrée sur le marché français de constructeurs chinois proposant des véhicules moins chers sans passer par des points de vente traditionnels.

La Cour des comptes européenne tire la sonnette d’alarme

Dans un rapport publié le 19 juin 2023, la Cour des comptes européenne alerte sur le développement de la voiture électrique au sein de l’UE. Selon les auditeurs, les efforts déployés par l’Union pour produire davantage de batteries sur son sol pourraient être insuffisants. Ils soulignent le risque de ne pas pouvoir atteindre les objectifs fixés pour 2035 en matière de transition écologique.

L’accès aux matières premières : un enjeu majeur

La fabrication de batteries « Made in Europe » est cruciale pour la souveraineté économique du continent, mais elle se heurte à un problème majeur : l’accès aux matières premières. L’UE dépend largement des importations de minéraux tels que le lithium, le manganèse, le cobalt et le graphite, qui proviennent principalement de pays avec lesquels elle n’a pas conclu d’accords commerciaux. Cette dépendance pourrait entraîner une pénurie de matières premières pour batteries dès 2030 et placer l’Europe en situation de vulnérabilité face à des pays exposés à des risques géopolitiques.

Le lithium européen : un pari difficile

Pour limiter cette dépendance énergétique, des efforts sont réalisés pour exploiter les ressources en lithium en Europe, notamment en France et au Portugal. Cependant, l’exploitation de ces gisements prendra du temps et ne permettra pas d’atteindre l’objectif 2035. De plus, la concurrence mondiale pour l’accès aux matières premières risque d’entraîner une hausse des prix, affectant la compétitivité de l’UE face à des pays comme la Chine, qui domine déjà le marché des batteries et de l’extraction des matières premières.

Le recyclage : une solution insuffisante

Bien que le recyclage des matériaux puisse contribuer à atténuer la situation critique de l’approvisionnement, il ne représente actuellement que 10 % de la demande en matières premières pour les batteries. Selon les prévisions de la Commission européenne, le recyclage ne pourra être pleinement exploité qu’à partir de 2040, où il pourrait représenter en moyenne 25 % de la consommation de matières premières essentielles pour les batteries.

Vers un choix entre transition écologique et indépendance énergétique

Face à ces défis, la Cour des comptes européenne appelle à une révision du plan d’action stratégique européen sur les voitures électriques et à accorder une importance particulière à la sécurisation de l’accès aux matières premières. Des améliorations cruciales sont nécessaires pour éviter à l’Union européenne de devoir choisir entre transition écologique et indépendance énergétique, d’autant plus que l’électrification du parc automobile est essentielle pour atteindre la neutralité carbone et limiter le changement climatique dû aux activités humaines à moins de 2°C.

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