En bref:
- Les coûts de réparation élevés des voitures électriques, principalement dus à la batterie, constituent un défi majeur.
- La dépendance aux terres rares, majoritairement contrôlées par la Chine, pousse les constructeurs à développer des moteurs sans terres rares.
- La compétition avec la Chine sur le marché des voitures électriques, soutenue par des subventions importantes, menace l’industrie automobile européenne.
Les défis de l’entretien des voitures électriques
Il est désormais évident que le passage à l’électromobilité n’est pas exempt de défis. Selon une étude menée récemment par une entreprise française spécialisée dans les bornes de recharge électrique, plus de la moitié des propriétaires de voitures électriques regrettent leur achat. L’une des raisons principales est que l’entretien de ces véhicules est de plus en plus complexe.
Coûts de réparation élevés : la batterie en cause
Les conducteurs de Tesla ont été les premiers à se plaindre des coûts de réparation élevés de leurs véhicules. Les autres propriétaires de voitures électriques pourraient bientôt les rejoindre car la situation ne semble pas prête de s’améliorer. Les batteries de ces voitures, qui représentent jusqu’à 50% du prix total du véhicule, sont en grande partie responsables de ces coûts élevés. En effet, la moindre collision peut endommager la batterie, rendant ainsi le véhicule irréparable. De ce fait, les compagnies d’assurance sont souvent contraintes de mettre au rebut des voitures presque neuves, ce qui entraîne une augmentation de leurs tarifs.
Manque de compétences techniques : un frein à l’entretien des voitures électriques
Un autre problème majeur réside dans le manque de techniciens qualifiés pour réparer les véhicules électriques. Les garages indépendants, en particulier, sont réticents à investir dans la formation de leur personnel en raison des coûts élevés associés. De plus, les batteries à haute tension de 400 et 800 volts, qui équipent ces véhicules, peuvent présenter un danger mortel pour les techniciens non formés.
Les moteurs électriques et la dépendance aux terres rares
Les aimants utilisés dans les moteurs électriques sont fabriqués à partir de terres rares, dont plus de 90% proviennent de Chine. Cela place les constructeurs automobiles dans une position de dépendance vis-à-vis de Pékin, qui contrôle les exportations et les prix de ces matériaux. Face à cette situation, les constructeurs cherchent à développer de nouveaux moteurs qui ne nécessitent pas l’utilisation de ces terres rares.
Des moteurs sans terres rares : une innovation prometteuse
Plusieurs équipementiers ont présenté en septembre 2023 des moteurs garantis « sans aucune terre rare ». Ces moteurs utilisent un électro-aimant, qui peut être fabriqué partout, au lieu de l’aimant minéral qui vient de Chine. Les premiers modèles de ces moteurs devraient être disponibles en 2025. Ces nouveaux moteurs pourraient être plus efficaces et moins chers que les moteurs actuels.
La compétition avec la Chine sur le marché des voitures électriques
En parallèle, l’Union Européenne a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les subventions chinoises accordées aux constructeurs automobiles de voitures électriques. Actuellement, 8% des voitures électriques neuves vendues dans l’Union Européenne sont fabriquées en Chine. Cette part de marché pourrait augmenter avec l’interdiction des voitures thermiques prévue pour 2035.
La menace des subventions chinoises
Les autorités européennes soupçonnent que les constructeurs automobiles chinois bénéficient de subventions publiques importantes, ce qui leur donnerait un avantage concurrentiel face aux constructeurs européens. Cette situation pourrait coûter 24 milliards d’euros par an au secteur automobile européen d’ici 2030, selon une étude récente d’Allianz Trade.
Une enquête en cours
L’enquête de l’Union Européenne, qui doit débuter en octobre, vise à déterminer si les autorités chinoises subventionnent les constructeurs de véhicules électriques par le biais d’une baisse des prix des matières premières ou des coûts de production.
En conclusion, alors que l’électromobilité semble être une solution prometteuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, elle soulève de nombreux défis. Entre les coûts de réparation élevés, la dépendance aux terres rares et la compétition avec la Chine, l’avenir des voitures électriques est encore incertain.